Myleetllif

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JE N'AI LAISSE QUE LES ARTICLES AYANT UN LIEN AVEC L'ANOREXIE

Pour CREVETTE, sache que je t'ai répondu sur l'article Mon passé n° 40 ^^

NOUVEAU BLOG
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# Posted on Sunday, 27 September 2009 at 10:39 AM

Edited on Friday, 18 December 2009 at 9:45 AM

Réponses pour aider contre les TCA



Dans ce blog, il y aura plusieurs article intitulés "mon passé qui reste...", qui évoqueront mon combat contre l'anorexie et la boulimie, ainsi que des poèmes ou des vidéos... Je ne fais pas un blog seulement sur les TCA car j'ai un peu tourné la page, j'ai une vie à côté de ce cauchemar qui m'a hanté pendant un an et demi, et qui surgit encore par petits assauts que je repousse. J'aimerais dire à tous ceux qui ont ce problème qu'ils peuvent laisser des messages ou des commentaires, je répondrai, si ça peut les aider. Je vais essayer d'apporter mon soutien au maximum, donc n'hésitez pas à poser des questions.
Bon courage à tous!

PS: Ne vous inquiétez pas si parfois il y a une ou deux phrases en plus sur les articles, c'est que j'ai pleins de feuilles alors pour tout regrouper c'est très long, et souvent j'oublis un élément que je retrouve trois jours après... ^^
PS 2: et puis aussi juste pour dire, parfois je serai assez violente dans mes mots, ou je paraitrais méchante, c'est normal, c'est comme ça que j'étais avec la maladie, au début en tout cas...

Ici aller voir ce blog d'échange qui est très très bien !! Anorexie-free


# Posted on Wednesday, 30 September 2009 at 5:00 AM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:45 AM

Mon passé qui reste... Part 1



Alors voilà, cet article (et ceux qui traiteront de la suite car c'est très long!!) est en quelque sorte dédié à tous ceux qui ont ou ont eu ce problème, je veux parler des troubles alimentaires... J'ai souffert d'anorexie et de boulimie, parfois les deux en même temps, alors je peux dire à toutes les personnes qui connaissent cette situation que je les comprends.

Mon histoire a débuté quand j'étais en 4°, à 13 ans et demi. A cette époque, la vie n'était pas rose; toujours en conflits permanents, avec les parents, les amis et moi-même. Une sorte de rebellion destructrice qui vous change de l'intérieur. Pour halloween 2006, je me souviens m'être dis "il ne faudra pas prendre trop de bonbons, t'as les doigts trop gros"... Je pesais alors 48kg pour 1m57, ce qui était tout à fait normal.
Puis en janvier 2007, pour le nouvel an, nous sommes allé chez mon oncle avec mes parents. J'étais toujours à la recherche de quelque chose de fénoménal et de mauvais, dans lequel je pourrais me plonger pour tout oublier; je me suis soulé à danser par terre, ce qui, à ce moment, me paraissait complètement normal, d'ailleurs je ne comprenais pas que tout le monde reste debout...

Bref, le 13 janvier, j'ai décidé de maigrir, pour de bon . Je voulais que l'on me remarque pour une fois, pour que je cesse d'être la fille banale qui s'habille en gothique, bizarre et qui ressemble à une calculette...Je me suis alors fixée un petit programme d'alimentation:
Matin: une orange
Midi: un yaourt nature
Soir: quelque bouchées pour les parents...
C'était assez dérisoire et dangereux pour commencer...

En février, je courrais sur place dans ma chambre, sur un tapis pour que ça ne fasse pas de bruit... J'avais mis mon lit en plein milieu pour que je puisse sauter par dessus le matin...je faisais tout pleins de petits gestes et je me disais " tiens, une calorie en moins"... Malgré tout, j'étais encore une novice en la matière, et je ne savais pas encore lire parfaitement les étiquettes, si bien que j'avais crus lire "pour un paquet de céréales, 132 kcal", alors que ce n'étais que pour 30 grammes... Alors je me tappais un paquet de céréales par jour, si bien que fin de ce mois j'étais seulement à 47 kg... j'ai donc tout stoppé net...

A la mi-mars, j'étais descendu à 42kg, au prix de nombreux sacrifices. Mes amies ne comprenaient pas pourquoi j'avais presque arrêté de manger. Elles me disaient "tu vas finir par devenir anorexique!"...
Un "beau" jour, comme d'habitude, je quitte le self après une ou deux bouchées, et je vais dans la cour toute seule. Environ dix minutes plus tard, elles se ramènent vers moi et me crient " Il faut que tu manges ! Il le faut car sinon tu vas mourir !". J'ai craqué devant elles, j'ai montré pour une des premières fois que je ne contrôlais déjà plus... Je leur ai dit que non, je ne pouvait plus manger...

Puis il ya eu les vacances de Pâques, avec l'anniversaire de mariage de mes parents, où j'ai mangé une part de paella, normalement. Malheureusement, ça a débouché sur la boulimie pendant tout le reste des vacances. Je mangeais environ deux paquets de gâteaux par jour, sans me faire vomir, plus quelquefois, les boîtes de conserves dévalisées le soir devant le programme télé, avec les crèmes déssert, généralement au nombre de trois...

J'avais décidé d'inviter mes copines à une soirée pyjama, comme on en avait déjà fait une l'année précédente, avec Alicia et Maud, où on avait regardé l'Exorciste... Bref, le 5 avril donc, elles viennent à la maison... Le matin j'avais au préalable été faire les courses avec ma mère, où j'avais pris des paquets de bonbons en tout genre - je m'étais promis de ne pas en avaler un seul - et des bouteilles de jus de fruits pour elles, et pour moi de l'eau aromatisée sans sucre... Tout devait se passer comme je l'avais prévu, tel que je l'avais décidé...
Lorsqu'elles arrivent, je visualise parfaitement les paquets de sucreries apportées, ainsi que le gâteau de Marie et les cookies de Mélanie... Bon sang...
La soirée se déroule parfaitement, sauf que j'avais pris un bonbon, et que je ne pouvais plus m'arrêter désormais... on a fait chauffer deux pizzas en plus... j'ai mangé de tout, et pendant le film pareil, je me goinfrais, et même elles ont remarqué que je terminais les paquets...
Le lendemain matin, petit-déjeuné, ma mère est dans le salon... Je me souviendrai toujours de la phrase de Marie "et ben tu manges toi maintenant?"... Ma mère ne se retourne pas, mais je lui en veux d'avoir dit ça, maintenant elle va avoir des doutes, elle va m'en parler, elle va me questionner, elle va me regarder, elle va me surveiller... Les filles continuent sur leur lancée, et moi, moi je suis plus qu'exaspérée, j'en ai marre, j'aimerais les faire taire, mais qu'elles se taisent bordel... Il faut à tout pris que ma mère ne les croivent pas...
"Ah oui? Je ne mange pas? Et bien c'est quoi ça alors?" Je prends cette saleté de brioche posée devant moi, et la tartine avec presque tout ce qu'il y a sur la table... "Je ne mange pas hein?"... j'engouffre toute cette chose dégueulasse, puis je pars dans ma chambre et m'enferme à clé...
Mais il faut qu'elles s'en aillent, les parents vont bientôt arriver, venir les chercher...
Mais je m'en fous... elles n'avaient pas le droit de me faire ça... maintenant elles ont tout foutu en l'air... c'est foutu maintenant.... et je pleurs... tout est foutu et c'est de leur faute... putain...
Ouais c'est ça... oui je vous ouvre... oui au revoir... oui bisous...

Le 16 avril, reprise des cours, 46kg... Là, c'est trop, il faut encore que je réduise: rien de toute la journée à part une tomate le matin et un cappuccinno le soir...
Cette période-ci, fin avril, a été particulièrement dure... Je ne me supportais plus, je ne pouvais plus voir ce corps plein de graisse, je voulais couper au ciseau toute cette chaire qui m'horripilait...J'ai alors commencer à ma scarifier, pour me faire du mal, dès que j'avais faim je me taillaidais, pour me dire "non, tu ne mangeras pas !!"


# Posted on Sunday, 27 September 2009 at 11:37 AM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:46 AM

Mon passé qui reste...Part 2



Le 3 mai, une journée pas comme les autres... Ma mère décide de m'emmener à l'hôpital. Bon. Sur le coup je m'en fous, comme je me fous de tout d'ailleurs. J'envoie un texto à Marie, pour la prévenir que je ne viendrais pas aujourd'hui au collège...
On arrive là bas, on me pèse: 43.7kg, on me fait ingurgiter des putains de biscottes pleines de sucre et de calories (je connaissais les tables de Kcal par coeur pour en avoir fait tout un cahier), et on me fait attendre... J'en ai marre d'attendre...
Puis, un bon moment après, on m'interne...

C'est alors que commence la reflexion journalière du " qu'est-ce-que je fais ?". J'essaie de me persuader que j'ai assez perdu de poids, que 4 kilos c'est très bien, que je suis mince, bien, mais ça bloque. Non, il faut encore maigrir, atteindre les 40 kilos...

Les aides soignantes me réveillent alors que c'est ma première nuit. D'après elles, je serait en hypoglycémie, alors elles ne trouvent rien de mieux que de me donner une tartine beurrée et du sucre. Le comble tout de même ! Elles croivent peut-être que je vais bouffer ça ?! J'en prends un morceau et planque le reste.
Et les revoilà ! Il fait encore nuit ! On ne peut pas dormir ici ?je suis encore en hypo (merde!), donc elles me redonnent leur fichues boufs, que je mettrais dans mon sac...

Le vendredi 5, après ma rencontre avec tous les psys, on m'apprend que j'ai une permission pour le week-end, je reviendrai lundi pour 14h00.
Durant mes premiers jours à l'hôpital, je mangeais toujours un peu, une cuillère par-ci, une cuillère par là, histoire de ne pas me faire prendre, jusqu'au jour où j'ai repris 300g et que la relation avec mes parent s'est agravée. Je ne supportais plus rien, la vie m'exaspérait, alors j'ai recommencé le régime drastique: mes barquettes filaient dans un pochon que je vidais dans les toilettes une fois la récupération des plateaux...
Le 10 mai, mon anniversaire, un jour censé être heureux... Mais je suis à l'hôpital et ça me gache tout le plaisir. Mais je m'accorde une bouchée de riz .

J'ai des permissions assez souvent, presque tout les trois jours... Je ne sais pas pourquoi, sans doute qu'ils trouvent que mon cas n'est pas asser important j'en sais rien...
Mais le problème c'est que ça tombent juste pendant les jours fériés donc je ne peux jamais retourner au collège, voir mes copines ou autres... Bon dans un sens comme ça j'ai la paix... C'est vrai, je n'entends pas de "manges ta viande!" à longueur de temps, ça me gonflait ce truc-là, incroyable... ou les trucs genre "c'est tout?" ou "pourquoi tu pars si vite?"... mais foutez-moi la paix à la fin...
Et puis avec les autres, là, de l'hôpital, ils me font rentrer deux jours après, c'est quoi ce cirque?

Plus les jours passent et plus ça va mal... Ma température est très basse, 35,3°C... Je n'ai plus de goût, plus de force, plus d'envie, plus rien...je ne sais pas quoi faire, pas ce que je veux, pas quoi dire, je ne sais plus rien...
Le 24 mai, c'est l'horreur. Nous sommes un jeudi et je suis dans ma chambre. J'ai mal aux jambes, c'est pas possible, c'est atroce, je n'en peux plus merde, c'est trop douloureux, elles vont bien finir par lâcher si je continue...et elles lâchent. Je reste dans mon lit, je n'est plus la force de me lever, je ne peux plus rien faire, j'en ai marre, je veux crier...
STOP!!! Je le cris à ma mère, au téléphone, par-terre, en pleurs, à côté de mon lit ... Oui, c'est vrai, si je ne mange plus, je ne peux plus vivre, c'est pas une vie ça putain, c'est pas une vie ! C'est bon, je remangerai, d'accord ? Mais viens me chercher !! Sors moi de cet hôpital !! Tu viens oui ?!
Mais les psys ne veulent pas me laisser sortir, et ma mère ne veux pas que je rentre...


# Posted on Sunday, 27 September 2009 at 12:31 PM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:47 AM

Livre du jour... Part 1

Livre du jour... Part 1
Jour sans faim de Lou Delvig ( Delphine de Vigan ) 19.5/20

Sans doute mon livre préféré, et pourtant j'en ai lu de toutes sortes! Jours sans faim raconte l'histoire, ou plutôt l'évolution de Laure, 19 ans, anorexique, qui décide finalement d'accepter l'hospitalisation que lui conseille le docteur Brunnel, médecin qui va l'aider dans sa longue et profonde quête d'elle-même...
J'aime ce livre pas seulement parce qu'il traite de l'anorexie, mais parce que l'auteur à une plume magnifique, elle a le don de dire des choses simples avec des mots poignants, le don de parler de choses difficiles avec une douceur vraie, elle a le don d'écrire, tout simplement...



"Cela s'était fai progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leur yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entiières sans s'asseoir. En manque, le corps vole au dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l'insomnie qui accompagne la faim qu'on ne sait plus reconnaître.
et puis le froid est entrée en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre et mourir"


# Posted on Monday, 05 October 2009 at 7:15 AM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:48 AM

Petit mot d'encouragement...



Ici je mettrais un petit message que j'ai trouvé dans un livre, "Déjouer les troubles alimentaires", et qui, je pense, est vraiment bien écrit et peut être utile...
"Manger est un language, une façon de parler avec les autres. Pour sortir d'un trouble alimentaire destructeur, l'échange, le lien à l'autre est indispensable, salvateur. La maladie est un message, pour nous tous et pour soi-même, inconscient, involontaire, maladroit peut-être, mais l'effort de le déchiffrer en vaut la peine. Ce qui compte, c'est écouter et entendre la souffrance, celle de l'enfant qui souffre encore en nous et celle des autres. Apprendre à écouter sa vérité et quitter les fausses croyances est nécessaire pour se délivrer de la maladie qui a "servi" à quelque chose mais qui a détruit.
Il f
aut aussi se dire qu'une thérapie, c'est un espace à soi où l'on se fait des cadeaux, où l'on apprend à se vider autrement et se remplir d'autres choses...
A chac
un de trouver ses pistes, ses bohneurs. Les pannes, les pauses dans la vie sont parois nécessaires. A nous de ne pas les rendre abyssales par l'anorexie, la boulimie ou d'autres atitudes destructrices.
Les
rechutes sont possibles, elles ne signifient en aucun cas que vous n'avez pas progressé, ne vous décourager pas.
La
grison n'est pas un mythe!"
Bon courage à toutes!!


# Posted on Sunday, 11 October 2009 at 7:57 AM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:49 AM

Mon passé qui reste...Part 3

Mon passé qui reste...Part 3
Les psys veulent attendre encore avant de me laisser sortir, j'enrage. Ils ne vont quand même pas se baser sur une pesée non? Ce n'est pas parce que ce matin je faisais 41 kg que je ne peux plus manger, j'ai dis que j'irai jusqu'à 900 kcal enfin, vous m'écoutez ?! Et puis merde, je ne mangerai pas tant que je serai ici, c'est clair et net ! Eh bah oui, vous voulez que je mange ? Faites moi sortir et je mangerai !
Je suis guérie, je veux manger, je le sens... Je veux manger de la viande, oui des gros steaks bien saignants, et puis des spaghettis bolognaises, et puis des hamburgers, et puis des cordons-bleu, et puis des glaces, et puis des...

Vendredi 25, il est 14h00. Maman est dans ma chambre, on attend l'accord de sortie en regardant les gouttes qui claquent contre la paroi vitrée de l'hôpital.
Mon discours de cette journée reste un mystère : "Comment j'ai pu me priver comme ça ?" me disais-je. "C'est tellement bon de manger". je me disais guérie...Je ne comprenais pas, me voilais la face...
Dans la voiture j'observe le ciel gris, en direction de Leclerc, pour faire les courses, pour plus tard, quand je serai guérie...
Le soir, je mange un Paris-brest, enfin les 3/4...C'est malheureux de se dire que l'on n'arrive plus à manger normalement, que ce soit de façon qualitative ou quantitative. C'en est presque honteux à vrai dire...

Deux jours plus tard, la balance affiche déjà 43 kilos... Je me sens grosse. Mes cuisses me font horreur, mon ventre m'horripile. Je déteste toute cette graisse sur mon corps, je ne veux pas de gras, je hais le gras. Que ce soit sur moi ou sur les aliments. Je n'en veux pas. Il me dégoûte...
Je me prépare alors mes petites journées, où je dois inclure un cône aux trois chocolat et une crème dessert, le tout pour 450 kcal. J'avais dis 900? Vous avez dû rêver ! Vous voulez que je ressemble à une dinde, n'est-ce pas ? Non non non, 450 c'est déjà bien assez; donc en retirant ma glace et mon yaourt il me reste 100 kcal pour la journée, 75% d'une pomme...

Retour au collège après près d'un mois d'absence. Les élèves me posent des questions; je n'aime pas les questions, il faut trouver des réponses et je ne veux pas me justifier...
Apparemment, certains sont au courant... Mais au courant de quoi au fait, hein? Que la pauvre Aimée a fêté son anniversaire à l'hôpital? Que la pauvre Aimée a encore perdu deux kilos? Que la pauvre Aimée en a marre de vivre? Mais quel scoop dites-moi!
Je suis déchirée... Je voudrais que les gens me trouvent maigre, mais je veux aussi manger...
De toute façon, je ne pense qu'à la bouffe, c'est quotidien, une obsession. Pendant les cours, je suis avec mes papiers, à calculer le nombre de calories ingurgitées, celles évitées, le total, puis je recommence pour être sûre, je les compte et les recompte sans cesse...
Je prends à peine le temps d'écrire sur mes cahiers, mes bras sont lasses...
Ma prof d'espagnol, Mme Cotinat, prend un temps sur le midi pour m'expliquer certaines règles, j'écoute sans comprendre... Comme si mon cerveau avait encore la force de décrypter une autre langue!
J'imagine qu'elle me revoit quelques mois avant tout ça. En janvier, je m' étais mise à réciter les règles par coeur, puis en avril, je m'étais effondrée par ma moyenne de 9/20... Mais elle ne me pose aucune question sur mai. Peut-être n'est-elle au courant de rien, ou peut-être n'ose t-elle pas m'en parler...

Avec mes amies c'est plus compliqué. M'ayant vu ne pas manger, leurs regards ébahits devant mon plateau du premier jour se font sentir. Mais ça déchanta vite...J'avais beau leur dire qu'il fallait que je guérisse seule, que je mangeais le soir, et surtout, qu'il ne fallait pas me dicter ce que je devais prendre, leurs inquiétudes dominaient tout. Comment aider et comprendre une personne perdue en elle-même, qui ne rêve la nuit que des aliments qu'elle s'interdit ? Comment aider et comprendre une anorexique ?...


# Posted on Sunday, 27 September 2009 at 3:51 PM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:50 AM

Mon passé qui reste... Part 4


Début juin, on passe le brevet blanc. J'ai révisé à mon maximum, mais je n'étais pas vraiment dedans. Je pensais à bien autre chose... Et puis, le cerveau ne fonctionne plus come avant. J'atteint seulement les 11/20. Je me dis que c'est le stress, ainsi que les débuts, mais je sais au fond de moi que le problème ne vient pas de là...

Puis arrive la fin d'année, avec la fête des troisièmes. Ils lancent des bonbons aux élève, tout le monde fait de son mieux pour les attrapper, on voit les jeunes mains tendues pour en prendre au vol, les classes inférieures se bousculant pour en avoir... Je suis de la partie... Je mange ceux que j'arrive à atteindre, c'est à dire pas mal...
Alicia me regarde; je ne sais si elle est heureuse ou inquiète de me voir les avaler à toutes vitesse comme cela...
Marie pleure Antoine... Ils ne se reveront plus. J'aimerais venir vers elle, la prendre dans mes bras pour la consoler, faire comme dans le temps, ces années précédentes, mais je n'y parvient pas. Tout le monde pleur, mais moi non. Je regarde juste ces âmes blessées autour de moi, incapable de faire autre chose...
C'est leur tour à présent...

Un stage est organisé par l'école pour découvrir les métiers. Alors le lundi 25 juin, je me rends en cuisine. J'espérais faire cuire de la viande, une petite utopie car on me colle aux épluchures de patates.
En fin de journée, pour me remercié, le cuisinier m'offre une part de gâteau, que j'avais aidé à faire d'ailleurs; j'avais pu admirer la quantité de sucre qu'il avait mit. Je la refuse prétextant ne pas avoir faim. Il me dit alors que je n'ai pas mangé de la journée, ce qui était vrai d'ailleurs, et il m'installe sur une table pour que je bouffe son fichu gâteau.
Je regarde autour de moi, voir si il y a une poubelle ou autre, n'importe quoi qui aurait pu me sauver, mais manque de chance, le barman s'assoit à ma table pour manger son omelette...
Je suis obligée de le bouffer, son truc à l'abricot...
Maman vient me chercher. Dans la voiture, je pleure. Je lui ai dit que son bonhomme là il m'avait foutu en l'air ma journée! Qu'à cause de lui je ne pourrai même pas mangé ce soir! J'avais prévue de prendre des haricots verts, pour bien manger, et qu'à cause de sa saleté de part de gâteau merdique je ne pourrai rien prendre! Moi j'en voulais pas de son gâteau! Moi je voulais des haricots verts! Et maintenant je dois attendre demain car mes 200 calories ont été dépassées! Pour un truc que je voulais même pas!

Peu de temps après, je dois aller à la fête de la musique, avec Marie et Maud. Elles trouvaient ça bien que je sorte un peu, maman était d'accord, elle disait que ça me changerait les idées. Mon oeil ouais...
J'avais tout prévue, mes crudités, mes champignons, comme elles m'avaient dit de faire un pic-nic. Mais elles n'ont rien trouvé de mieux que de ne pas manger! Il fallait vraiment que ça tombe sur moi! Pendant tout l'après-midi je m'étais coupé ma tomate, ma betterave, mon concombre, tout ça pour les jeter après...
Moi qui m'efforçais de toujours prendre quelque chose, même un minimum, cette journée aura tout fait basculer...

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# Posted on Tuesday, 20 October 2009 at 5:09 PM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:55 AM

Anorexie

Ici c'est une vidéo retraçant le parcours d'une fille courageuse qui s'est battue contre l'anorexie...
Elle me donne à chaque fois l'envie de pleurer...
Car je sais qu'on n'en réchappes pas toutes, qu'on croit controler, et puis un jour, on n'est plus là pour croire...
La musique est magnifique, elle parle des tca...
La petite larme versée...
Je voulais dire encore une fois merci à mes amies pour m'avoir soutenue, je les aime...

# Posted on Wednesday, 30 September 2009 at 10:04 AM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:56 AM

Mon passé qui reste... Part 5

Mon passé qui reste... Part 5
C'est le début des grandes vacances, et c'est alors que commence l'enfer en moi. Il faut que je maigrisse, il faut que je disparaisse de ce monde, que je m'efface d'ici. Je n'ai plus de vie, c'est un calvaire, je ne peux pas continuer.

J'ai faim. Mon estomac crie. Il fait chier. Il n'a qu'à se satisfaire de ses 4 litres de jus de fruits quotidien. Mais le liquide rentre en moi, sous la peau, dans la chair, je gonfle, je grossis, je veux pas, c'est fini tout ça. Je ne veux plus grossir.
Je le diminue, et commencent alors les malaises matinaux... Je sors de mon lit et mes yeux se voilent, un voile noir m'entoure. j'essaie de me maintenir debout, en équilibre sur mes frêles jambes, celles qui ne me soutenait déjà plus il y a un mois et demi. Tout recommence. Tout recommence et je n'y peux rien, c'est perdu d'avance...

Tous les jours je marche, je cours jusqu'au bourg, je vais faire les courses avec mon sac à dos, et je m'épuise...

J'ai collé des photos de nourriture partout dans ma chambre, des images soigneusement découpées de gâteaux, de glaces, de crèpes, de l'interdit. Et je suis hypnotisée, j'essaie de me rappeler le goût de tout cela; ça fait tellement longtemps que je n'en ai pas mangé, j'en rêve, mais j'en suis incapable...

Il y encore quelques jours, je mangeais la moitié d'une brique pour bébé...
Il y a encore quelques jours, je mangeais trois haricots verts, découpés en petits morceaux, et une cuillère de compote...
Il y a encore quelques jours, je mangeais quelque rondelles de courgettes pour le déjeûné...
Aujourd'hui, je me nourris de cannettes de coca zéro, 0.9 kcal. Une cannette pour un repas.

Le 21 juillet, nous partons à saint-Nazaire, mon père y a un concours de pétanque. Des gens mangeront avec nous, je ne sais pas quoi faire, enfin ce qui est sûr c'est que je ne mangerais pas pour eux !
Ma mère est exaspérée par mon comportement, elle dit que j'ai des tocs, des manies maintenant, et qu'elle ne me supporte plus. Elle ne supporte plus que je cuisine tout le temps et pour tout le monde; elle ne supporte plus que je gave les autres alors que moi, je mange trois fois rien; elle ne supporte plus de me voir ranger la maison chaque jour; elle ne supporte plus ce que l'anorexie me fait faire... Elle craque parfois, et mon père vient me trouver en criant que c'est de ma faute...
L'après-midi, nous partons avec les femmes des coéquipiés de mon père à la plage. Elles parlent entre elles et moi je n'ai rien à faire. je me fais chier alors que le long de la plage, il y a une sorte de chemin où l'on peut marcher, perdre des calories. Je décide de me lever et pars. Pendant près d'une heure et demi je fais des allers et retours, en passant à chaque fois devant les stands de glaces, où je m'arrête pour regarder...
Une fois la plage terminée, une baisse de moral près de voiture. Je m'assois et pose ma tête sur une table, sous le soleil; j'aimerais tellement m'endormir là et ne plus jamais me réveillée, plus jamais...
Maman vient me voir, elle dit que mon comportement faces aux femmes est impoli, que je n'aurai pas dû les quitter. Je lui dis que je m'en fous. Après tout, je ne leur ai pas demandé de venir avec nous, elles n'avaient qu'à rester le cul sur une chaise à regarder jouer leur mari . Elle me dit de venir, qu'il faut que je bouge. Je lui dis que je surveille la voiture. Elle m'emmène...

Plus tard, elle me dira qu'à la plage elles avaient parlé de moi, que j'étais maigre, malade, que personne ne pouvait rien faire...

# Posted on Sunday, 27 September 2009 at 4:29 PM

Edited on Friday, 27 November 2009 at 4:57 AM